Tout me semble si vain à présent, si léger, si
ténu.
Lentement, j’abandonne mes vieux rêves,
comme les femmes de Carthage
laissent tomber leurs voiles au seuil de la lune.
S’éloignent les jours passés et les amours perdues.
Je croyais ne jamais pouvoir oublier, et pourtant…
J’ai oublié.
La douleur est devenue dune. Un désert me sépare d’Eden.
Je n’y retournerai jamais.
A quoi bon rêver encore
de l’herbe fraîche, de l’ombre bleue, des sources célestielles ;
des feuillages entrouverts sur la grenade mûre, luisante comme une escarboucle.
Aujourd’hui, j’ai creusé la terre, et j’y ai déposé
l’espoir d’un arbre.
Puis j’ai préparé la couche
où viendra s’étendre mon époux.
Il dit que mes lèvres sont fraîches, que mes baisers sont bleus, et ma voix célestielle.
Il dit qu’entre mes cuisses luit le plus délicieux des fruits.
Ses caresses effacent peu à peu
les traces de celui qui m’a créée.
Chaque jour m’érode.
Grain à grain je roule sur le dos des dunes
harnachées d’or comme les cavales du Sultan.
J’ai décidé de rester ici.
Dans mon jardin a fleuri un buisson d’étoiles.
















Comments
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*-*-*
All things must change
From something new
To something strange
*-*-*
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J'ai cherché l'amour partout où j'avais espoir de le trouver et je demeurais solitaire au milieu d'une foule d'aveugles et de sourds!
les traces de celui qui m’a créée.
Chaque jour m’érode.
Grain à grain je roule sur le dos des dunes
harnachées d’or comme les cavales du Sultan.
je suis super touchee ... c'est superbe ma belle
bravo
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Une moto sur la roue arière vaut mieu qu'une mobylette par terre
*francophones~france
je suis jalouse, comme a chaque fois que je li un de tes poemes...cette fois ci peut etre encore plus que les autres...
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"toujours à mes cotés s'agite le démon" C.B.
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Roland
"Aujourd’hui, j’ai creusé la terre, et j’y ai déposé
l’espoir d’un arbre.
Puis j’ai préparé la couche
où viendra s’étendre mon époux.
Il dit que mes lèvres sont fraîches, que mes baisers sont bleus, et ma voix célestielle.
Il dit qu’entre mes cuisses luit le plus délicieux des fruits." sommes tres belle.
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Persistence
Donc je disais ... j'ai lu ? Non j'ai relu en fait ! J'avais déjà dévoré ce petit poême de tous mes yeux mais je n'avais jamais osé laisser un commentaire. Sans doute de peur de briser quelque peu la magie qui l'anime, et comme je crains aussi parfois de laisser mes mots derrière moi. Pourtant j'ose aujourd'hui, oh une étape de franchie !
"Eve", est très doux, ou devrais je dire douce ?
Bravo, mais aussi ... Encore !
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